lundi 7 avril 2008

Enfance et jeunesse du Docteur Eugène CHASSAING

Remis à jour le 13 mai 2013 par son fils Jean-Paul, et sa belle-fille Isabelle.
Le Docteur Jacques Antoine Eugène CHASSAING est né le 7 juillet 1876 à 63490 BROUSSE, village situé entre AMBERT et ISSOIRE, dans le PUY-de-DÔME. Il est né le jour de la fête patronale et a été pesé par le boucher, de passage pour la fête, sur sa balance. Son père Jules (1850-1929)  était agriculteur et aussi scieur de long sur les pentes du Lioran en hiver.

Le tunnel du Lioran était ouvert depuis peu de temps (1865) et permettait de transporter plus facilement le bois; d'où appel de main d'oeuvre pour exploiter cette nouvelle demande. Jules quittait Brousse après les travaux de l'été. Il avait placé sa scierie à l'entrée Sud du tunnel, sur un chemin à droite. Le tas de sciure de son atelier était encore visible en 1995 mais un important éboulement de terrain a fait tout disparaître. Jeune mariée, la femme de Jules avait rejoint quelques jours son mari en octobre 1875 avec des vivres de la plaine, et 9 mois plus tard elle accouchait de ce bébé qui porta son troisième prénom Eugène comme prénom usuel. Il en fut de même pour son frère Jean François Alexis, né en 1885, qu'on appelait Alexis. Cela était très fréquent à l'époque.


Épicerie Chassaing en 1902 (carte envoyée par Mme Vve Morilhat le 2 mai 2013)
Son père Jules était donc agriculteur et scieur de long; sa grand-mère Antoinette (1822-1888) et sa mère Henriette (1855-1942) tenaient une auberge et une épicerie au coeur du bourg.
Sa grand-mère, surnommée Gros Maman est une bonne cuisinière, et sa cuisine est très appréciée par les voyageurs. Sa devise : "Il vaut mieux une vie courte et bonne qu'une vie longue et triste" .

Le petit Eugène avec ses parents en 1877 ou 78
Elève du primaire dans l'ancienne école de Brousse
(l'école actuelle a été construite en 1900 environ), Eugène est remarqué par le curé en tant qu'enfant de chœur : ceci lui permet de maîtriser sa voix,  qui lui sera très utile dans sa vie politique où il fut un tribun fort apprécié. Après son certificat d'études, sa famille l'envoie dans le collège religieux Saint-Pierre, des Frères Jésuites,  à COURPIÈRE (63120). Découvrant les possibilités du jeune Eugène, ses professeurs lui disent que, s'il se dirige vers la prêtrise, toutes ses études pourraient être payées et qu'il n'en coûterait rien à ses parents. Effrayé par cette voie qui lui est ouverte, il fugue de l'école et avec ses jambes de jeune homme de 14/15 ans il parcourt à pied les 25 km séparant Courpière de Brousse. Il est consolé par ses parents, et son père Jules, furieux, le ramène à l'Institution et dit au maître des cours qu'il est capable de lui payer ses études. Cet incident a été peut-être le départ de son engagement politique anticlérical.

Eugène étudiant en Médecine, (devant à gauche
avec le drap sur l'épaule). Âmes sensibles s'abstenir.
Son père, sentant ses qualités, et fier de son fils parlant le latin aussi aisément, essaye de le pousser dans ses études et réussit à obtenir une bourse qui lui permet d'accéder au lycée Blaise Pascal de CLERMONT-FERRAND (63000). Ses résultats ont failli l'orienter vers le droit ou l'enseignement mais il veut aider ses compatriotes et s'oriente, après son baccalauréat obtenu en 1895, vers la médecine. Il commence ses études à la Faculté de Médecine de Clermont-Ferrand où il est reçu interne des Hôpitaux. La thèse de doctorat n'étant pas encore délivrée à Clermont, il termine ses études à PARIS où il a comme meilleur ami un étudiant originaire d'Espagne qui s'appelle Joachim CARVALLO, futur acquéreur du château de VILLANDRY (37510) et créateur de ses jardins. Ils se motivent pour avoir les meilleurs notes. Au final Eugène termine premier et a la possibilité de continuer sa thèse avec leur professeur agrégé Georges WEISS, très apprécié. Joachim est deuxième et, par amitié, Eugène lui laisse sa place au regret du professeur Weiss. Le 13 juin 1901, Eugène obtient sa thèse sur la physique biologique : ("Contribution à l'étude sur les techniques myographiques"). Ce titre quelque peu rébarbatif a en fait un rapport avec les machines volantes que le Dr Charles Richet, professeur de physiologie tout proche du Dr Weiss, concevait, à la risée plus ou moins générale. L'un s'occupait des oiseaux de chair et d'os, l'autre d'oiseaux de bois et de toile!
Le professeur Charles Richet (≈1855-1935, à ne pas confondre avec son fils du même nom et même prénom, médecin aussi) a sa rue a Paris, non loin du Métro "National", et sa tombe au cimetière de Montparnasse vers l'ancien moulin.

La même année, le 26 juillet, E. Chassaing passe le concours de médecin sanitaire sur les navires à St-NAZAIRE, mû peut-être par une envie de voyager comme beaucoup de jeunes. Malheureusement aucun poste de médecin n'est disponible à ce moment-là sur un bateau de la Compagnie des Messageries Maritimes. Les bateaux ce cette compagnie faisaient le tour du Monde en allant d'un pays à un autre et en faisant escale dans les grands ports, transportant passagers et marchandises. Le  Dr Chassaing a connaissance de la demande de remplacement d'un médecin du Puy-de-Dôme qui pensait avoir un cancer, le docteur BLANCHETON qui exerce à St-ANTHÈME (63660), commune du FOREZ, à une altitude de 940 m. Pourquoi ne pas accepter en attendant son affectation sur un bateau?

 E. Chassaing aide donc son collègue et pense bientôt que ce dernier n'a pas le mal qu'il redoutait. Grâce au Dr Blancheton, qui était aussi Conseiller Général, le Dr Chassaing devient, en 1904,  1er adjoint du nouveau maire de St Anthème Henri SOLALIER. C'est sans crainte sur la santé du docteur Blancheton, qu'il embarque, à la fin du printemps 1905, sur le navire ANNAM, allant en Asie: trajet Anvers-Extrême-Orient et retour au bout de 11 mois. Mais le docteur E. Chassaing n'avait pas testé son pied marin et il s'avère être presque le plus malade. Cependant, les arrêts, assez longs, lui permettent de se remettre et d'apprécier les contrées visitées.


Dupoix: ami de Sugères 63 (source: Malou Chassaing)
Seul incident: en Chine, où lors de l'attentat d'un anarchiste (ou révolutionnaire), il est blessé légèrement, au bras, d'un coup de pistolet. Il est soigné dans un hôpital chinois; chaque jour, l'impératrice CIXI fait demander des nouvelles de son état. À la fin de l'escale de son bateau, rétabli, le médecin du bord, le Dr Chassaing peut reprendre son service et continuer son périple: SHANGAÏ en septembre, MANILLE en novembre 1905 etc., qui le ramène en Europe début 1906.

Photocopie de la 1ère des 16 p de l'autopsie

Le Dr Chassaing était aussi médecin légiste: peu avant d'embarquer, le 22 juin 1905(année à vérifier), eut lieu le crime Quatresous à Varagnat près de Médeyrolles (canton de Viverols 63). Il ne lui a fallu pas moins de 16 pages pour décrire l'autopsie pratiquée sur chacun des trois Chelles (Lire "sur un lit d'aubépine" de Jean Anglade 1995, p 104)

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