lundi 10 juin 2019

De vilains petits canards. 10 juin 1919. N°314.

Le docteur Chassaing n'a pas que des amis !
Lettre anonyme.

Ambert le 10 Juin 1919
196J50 vue 129

lundi 3 juin 2019

Pontru dévasté. Lamentable. 3 juin 1919. N°313.

196 J 50 vue 108

 Département de l'Aisne
Arrondissement de Saint-Quentin
Canton de Vermand
Commune de Pontru

Pontru, le 3 juin 1919

À Monsieur Chassaing,
député, à Paris

Monsieur,

Nous voici de retour dans nos régions dévastées. Nous avons revu Pontru, ou plutôt l'emplacement de ce qui fut Pontru. C'est lamentable ! Plus une seule maison debout !

En ce moment une quarantaine d'habitants (hommes) sont rentrés et se construisent des abris.

Le baraquement destiné aux écoles et mairie doit arriver prochainement, et dès qu'il sera édifié, nous réintégrerons la commune. En attendant, nous habitons provisoirement

196 J 50 vue 109
P2 Saint-Quentin, où je reste à la disposition de Monsieur l'inspecteur primaire, toujours disposé favorablement à notre égard.

Jamais, Monsieur, nous n'oublierons toute la bienveillance que vous nous avez toujours témoignée, ni l'empressement avec lequel vous vous êtes constamment dépensé pour nous accorder généreusement votre précieux appui. Avec nos sincères remerciements veuillez agréer, Monsieur, la nouvelle expression de nos sentiments reconnaissants et dévoués.

(illisible) Venet
Instituteur de Pontru
30, rue Douchy,
Saint-Quentin (Aisne)

PS -dès le 8 avril, Monsieur inspecteur primaire de Saint-Quentin nous avait rappelé à notre poste à Pontru, mais les formalités étaient longues dans les bureaux des préfectures : c'est pourquoi nous avons eu recours à votre bienveillant concours.



196 J 50 vue 110 
P3 deuxième lettre du 3 juin 1919.
De la même famille.
Et même adresse.
Monsieur, ne prenez pas pour de l'indifférence ce retard que j'apporte à vous donner de nos nouvelles. Depuis le 17 mai nous sommes arrivés à St Quentin: voilà deux jours seulement que nous avons trouvé un logement à peu près confortable.

Nous étions chez des amis, voilà pourquoi j'ai tant tardé à vous écrire étant dans l'impossibilité de vous donner une adresse exacte. Comme vous devez vous en douter, la

196 J 50 vue 111
P4 ville est dans un piteux état. Pas une maison on est intacte. Tout a été démoli systématiquement. C'est la 10 Descrues Sion c'est la destruction complète. Malgré tout 15 000 personnes sont déjà rentré. Mais parents sont allés à Pontru. Là, il ne reste plus rien de ce que fut notre cher village : on n'y voit que des amoncellement de pierre et c'est tout. Mais parents n'ont retrouvé rien de ce qui nous appartenait. Les bouchons fouiller dans le tas de pierres qui laissait deviner l'ancien emplacement de la maison, mais ce fut peine inutile. On construit quelques baraquements. Celui de l'école ne va pas tarder à arriver. Mes parents retournerons là-bas ; j'espère comme je vous ai déjà dit, être nommé à Saint-Quentin, en octobre, où mon mari trouvera un emploi soit

P5 dans une banque, ou au bureau de l'hôtel de ville.

Nous aurions bien voulu nous arrêter à Paris. Nous désirons tant vous voir ! Mais, en notre qualité de réfugié, notre temps était limitée. Mon père a vu monsieur le Docteur Darriel (nom incertain) qui lui a dit de continuer le même traitement. L'état reste toujours le même ! Monsieur le docteur Darriel (toujours incenrtai) conseille à mon mari de se rendre à l'hôpital La Riboisière (écristainssi) où il verra un spécialiste pour les reins et la vessie. Nous pensons nous rendre à Paris vers le 12 de ce mois et nous serons heureux d'aller vous voir. Ma sœur et mon beau-frère sont toujours fatigués. Mon beau-frère a reçu l'ordre de l'académie du Nord et de faire tourner dans la circonscription de Douai ou il enseigneait avant la guerre. Malgré la joie bien légitime que j'ai éprouvée à respirer l'air du                                                                      pays natal je serai heureuse de retourner à chaque vacances à Marat où nous avons passé de si bons moments; le mois d'août prochain me procurera ce plaisir.
J'espère, Monsieur, que vous continuerez comme par le passé à nous donner de vos nouvelles. Ne sommes-nous pas compatriotes maintenant ? Jamais nous ne pourrons oublier le bien que vous nous avez donné avec une telle largesse ! C'est très souvent que nous causons de vous en famille.

Laissez-moi vous remercier encore pour l'empressement que vous avez mis à nous donner satisfaction en vue de notre retour.

Je me joins à mes parents et avant pour vous envoyer l'assurance de mes sentiments reconnaissants et dévoués.

Signé Jenny Dutrix (nom incertain)
                           
                             
P6
196 J 50 vue 112


dimanche 19 mai 2019

50 kg de pommes de terre. Bel en-tête. 19 mai 1919. N°312.


19 mai 1919

Spécialité de pommes de terre en gros
Produits du sol.
Fruits en gros.
Légumes frais & sec
Oignons et aulx.
Choux et échalotes.
Noix et cerneaux tout venant.
Grains.
Graines fourragères
196 J 50 vue 82

lundi 6 mai 2019

Lettre du Général Lyautey. 6 mai 1919. Signature manuscrite. N°311.

Le Général Lyautey, Résident Général Maroc, au QG à Rabat , le 6 mai 1919.
Remerciements pour les Bréguet sanitaires. Tous lesAR sont hors service.


196J59 vue101

196J59 vue 102

mardi 9 avril 2019

Les dentellières contestent. 9 avril 1919. N° 309.

Lettre oh combien émouvante, transcrite sans les fautes car c'est trop difficile !
Les dentellières de Saint-Romain. P1
196 J 50 vue 58
 Saint-Romain le 9 avril 19

Un groupe d'ouvrière dentellière
Monsieur Chassaing député du Puy-de-Dôme

Nous avons l'honneur de venir solliciter
Votre haute bienveillance et votre appui voici
Monsieur le député le motif de notre demande
en vue de la cherté des vivres l'ouvrière dentellière
est la seule qui n'ait pas obtenu aucune indemnité
ici nous sommes nombreuses qui ne touchons pas
D'allocations depuis la guerre nous avons épuisé
les quelques économies que nous possédions et
la dentellière ne peut plus vivre son travail n'a
pas augmenté à proportion de la vie chère
Pour gagner 1,25 Fr. à 1,50 Fr. par jour il faut commencer
à 7h du matin à 9h du soir ou même 10 heures
De plus il faut fournir notre fils à 1 fr les 450 m
avec cette quantité nous pouvons en faire à peu près
Pour la somme de cinq francs notre bénéfice est bien
minimes elle ensuite elle se vend à ... Illisible ce qui fait 1,20 m

Les dentellières de Saint-Romain. P2 et 3
196 J 50 vue 59

P2 et 3
C'est vous dire monsieur le député Chassaing
combien d'ouvrière en dentelle est malheureuse
depuis la guerre surtout celle qui n'a que ce seul
produit pour vivre et ne touchant aucune
allocation pas d'un deminitte (illisible) de cherté de
vivre nous nous sommes réunies un groupe
 des plus méritantes et nous avons pensé
de nous adresser à notre cher Député qui
a toujours soutenu les malheureux par
votre intervention Monsieur le Député 
ne pourrions-nous pas obtenir un secours
pour les ouvrières les plus méritantes
ne touchant pas d'allocations dont
leur signature sera ci-jointe nous
vous serons toutes très reconnaissantes
Si toutefois notre demande peut être
prise en considération recevez
Monsieur le Député notre vive
Gratitude et notre profond respect

V (illisible) Béjot à Saint-Romain Puy-de-Dôme
Marie mètres (illisible)
Delphine Bayle
Marie Bayle
Elisa Courlandon
Marie Chomette
Marie Coulandon
Madeleine Coulandon
JoséphineBayle.

jeudi 4 avril 2019

L'Affreuse Faucheuse. 4 avril 1919. N°308

Le docteur Chassaing demande à un jeune patient de parler de sa maladie. 
Avant: 120 kg sur le dos !
Encre verte.
Transcription telle quelle.

L'Affreuse Faucheuse. P1
196 J 50 vu 49
 Lyon le 4 (ou 5) Avril 1919

R

Monsieur le Député
Chassaing

Je vous accuse réception de votre honorée du 4 écoulée et vous remercie infiniment de l'intérêt que vous portez pour moi.
Je veux bien acquiescer à votre désir et vous donner quelques détails sur mon état actuel, (mais ne comprends pas très bien votre but) je vais vous répondre en deux termes.

1° Le suis bien traité à l'hôpital 9, je n'ai aucune plainte à former à mon sujet, je suis bien traité
 et bien content de tout ce que l'on fait pour moi.

2° Ma maladie : je ne peux dire la vérité exacte à mes parents surtout pour ma vieille mère qui elle-même n'est pas très robuste, je leur ai toujours dis que ma maladie était sans
L'Affreuse Faucheuse. P2
196 J 50 vue 50

P2

gravité de la bronchite chronique seulement, qui serait guérissable avec un peu de repos avec l'air du pays et un traitement approprié.

Mais je ne pense pas de même je souffre continuellement des sommets surtout du droit où j'ai une diminution de la force musculaire très marquée à l'extérieur, j'ai eu par période d'importantes et inophtisie illisible, les transpirations abondantes et nocturnes m'inquiètes aussi, l'expectoration ayant été négative l'année dernière au mois d'août n'en a pas moins rester très purulente et abondante, avec une toux continue toute la journée et par fortes quintes les nuits, enfin un amaigrissement de 11 kg depuis le 11 juillet 1916 et ces dernier temps je perds 1 kg par mois, en 1916 je portai facilement 120 kg sur le dos et aujourd'hui de 30 kg le poids est largement suffisant.

Mes diagnostic on toujours étaient conçurent en ces termes :

Bronchite double d'origine bacillaire, Submatité des sommets avec induration ou infiltrations–ou bronchite persistante, sclérose du sommets. Tout cela dénote de la T. P. mais


P3
non évolutive encore, mais qui peut le devenir ?…

Vous voyez que je ne peux pas dire tout cela à mes bons et vieux parents, connaissant parfaitement moi-même que la maladie dont je suis atteint est incurable, et sachant que je ne pourrai plus continuer mon métier de polisseur sur métaux, je leur ai promis sans leur dire pourquoi, que je resterai avec eux, les aiderai à cultiver leurs terres, jusqu'à ce que l'Affreuse Faucheuse vienne prendre mes jeunes années.

J'espère que vous-même vous ferai comme moi, que vous leur donnerai  beaucoup espérer, comme j'ai toujours fait moi-même.

Je vous remercie infiniment de tout ce que vous faite pour moi.
Recevez Monsieur mes bien sincères salutations.


Vialatte
(flux RSS)